Coeur courageux

Crédit photo: Andréanne Lachapelle / Arrière-plan: Luke Flynt/ BESIDE magazine

Texte: Karelle Falardeau

 

La vie n’est qu’une création de soi...

 

Dans une optique poétique, je dirais que j’ai tiré ma révérence. En bon québécois, on dirait plutôt que j’ai tout plaqué. Certaines personnes pensent même surement que j’ai foutu ma vie en l’air. Moi je préfère dire que j’ai choisi de vivre encore. Encore plus fort ! C’est la première fois que je choisis de ne pas étirer l’élastique jusqu’à ce qu’il cède. Vertigineuse comme un oiseau à son premier envol, j’observe. Je découvre en moi une force insoupçonnée. Elle émane, je crois, du choix volontaire de tourner la page. Accepter que le décor, aussi merveilleux soit-il, ne me correspond plus. Comprendre que la fin soit synonyme de commencement. Naitre de la mort. Une page blanche, un nouveau tableau, je trouve ça inspirant. Flotter dans le vide, simplement parce que le cœur m’appelle ailleurs. Houlala! C’est excitant!

Malgré tout ça, il y a une petite partie en moi qui freak en dedans. Quand je me sens trop égarée, perdue dans mes pensées et que je me demande ce que je vais faire de ma vie, je m’arrête pour ressentir l’inspire et l’expire. Je retrouve mon centre parce que des fois, à l’extérieur, ça bouge trop vite. Ça me bouscule. J’aime toucher à ce bref instant de vacuité qui s’immisce subtilement entre le plein et le vide. Laisser-aller pour mieux se réinventer. C’est cet instant qui façonne mes racines en ce moment. Celui qui témoigne des cycles, ce marqueur d’espace qui dessine à lui seul l’instant d’une création. Je constate que, dans les périodes absentes de peur, cet espace de silence devient une richesse inexplicable. Le simple bonheur d’être ici, sans chercher à combler quoi que ce soit. Laissant le vide créer à nouveau le mouvement.

J’ai tellement eu peur du vide, si vous saviez! Toute ma vie, je me suis sentie comme un funambule sur la corde raide. Avance et recule; avant et arrière. Faire trois petits pas et là, « Whoo hoo! », un super grand pas… M’arrêter. Avoir peur. Retenir mon souffle pour ne pas tomber, assimiler et tout recommencer. La vie, c’est comme des grands cycles remplis de petits cycles. Des boucles d’apprentissages. Une belle mélodie qui joue en loop, laissant naitre toujours un nouveau refrain, sans plus ni moins, tout simplement. Bien entendu, le bagage de connaissances, la richesse de l’expérience et la beauté d’une authenticité naissante ne sont aucunement négligeables, mais je crois qu’au-delà de ce que l’on fait, c’est ce qu’on acquière en dedans qui est important.

Alors, pour une fois dans mon existence, je me suis permise de m’asseoir, en plein milieu de mon fil de vie, les pieds dans le vide, comme un témoin silencieux. Arrêter de chercher les réponses à mes grandes questions existentielles. Et là, ici et maintenant, cultiver la patience. Cette grande vertu, celle qu’on a oublié de mettre dans mon bagage génétique à ma naissance. J’ai lancé dans l’univers mes plus grandes interrogations. Celles qui me confrontent, celles qui m’effraient, celles qui me font rêver d’un monde meilleur, celles qui allument mon cœur, celles dont je voudrais tellement avoir les réponses. Et je reste là. Sans rien faire, sans rien attendre. J’écoute. Curieuse fois mille de voir ce qui va émerger.

Stopper, enfin, l’éternelle quête du résultat. Ça, pour moi, c’est un BIG DEAL ! La société excelle dans l’art de se mettre la pression et moi, toute ma vie, je m’y suis un peu soumise. L’ADN de la performance collé à chacune de mes cellules, j’ai projeté, toujours trop loin et pendant que j’étais là-bas, j’ai oublié de vivre maintenant. Je ne parle pas ici d’arrêter d’avancer, d’arrêter de créer, d’arrêter de rêver. Au contraire… Go for it gang ! Rien de plus beau que de s’offrir au monde en partage. Soyons sincères, faisons-en sorte de créer des miracles d’amour. Amour de soi, amour des autres, amour pour l’humanité. Soyons créatifs, parlons vrai. Contribuons à créer la vie simplement parce qu’en ce moment ça nous fait sentir vibrants. Acceptons que ça change en dedans et comprenons qu’il faut aussi que ça bouge en dehors. Tout est mouvement, tout est commencement. La vie devrait simplement être une valse d’offrandes du meilleur de soi à l’humanité. Laissant l’être d’hier derrière et celui de demain au loin.

À toi, à moi, à nous.

Vivons et vivons encore plus fort !

 

MUCHO LOVE

Namaste!


1 commentaire

  • Que c’est beau la vulnérabilité d’un cycle qui se termine et de la page blanche à remplir avec de nouveaux design, qui collent à l’instant présent. Quand on dit non à quelque chose, il faut se rappeler qu’on dit oui à autre chose.
    Bise x

    jennie

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