L'heure des présences.

 

L’heure des présences On traduit rarement de manière juste le concept de la présence. On la remarque. On lui sourit. On la range. On l’oublie. Certains, cependant, parviennent à la figer en la peignant, la chantant, en la représentant sur pellicule. D’autres, en l’écrivant. Beaucoup se retrouvent obnubilés par cette vague de sensations instantanées qu’elle porte; ils savent la saluer, mais trop peu ont appris à faire de ces impressions leurs délices. Comme un rêve au réveil, on se résigne à son évanescence dans les clartés du matin. On accepte la fuite de ces cadeaux en se disant que, dans tous les cas, l’avenir nous en confectionnera d’autres. Mais savons-nous nous enrichir de cette rencontre fugace?

Mudra. Terme sanskrit transportant avec lui un important bagage symbolique. Étant d’abord une gestuelle des mains, une mudra se veut une reconnexion avec sa stabilité mentale. Une aide précieuse à se reconnecter avec notre présence. Le juste équilibre entre l’avant et l’après. Effectuer une mudra, c’est inviter sa concentration à s’asseoir dans le présent. C’est faire un pied de nez à la dispersion de ses énergies.

Et si nous troquions quelques distractions pour un peu de connexions? Entre “j’ai été” et “je serai” existe une suture dans le temps beaucoup plus considérable qu’une simple jonction; un foyer dans lequel les rencontres naissent et où se loge notre Écrivain, cette Présence. Ici, tout s’écrit et nous avons tous le potentiel d’en être témoins.

La Présence. La nommer est un premier pas réussi. Ensuite, comme dans une verrerie, tenter de voir sans toucher, sans déranger. Une fois notre attention sur elle, il suffit d’accepter ses présents, de la vivre et la laisser, elle, nous toucher. Notre part du travail est de la trouver. Elle se chargera du reste.

Pas besoin d’être De Vinci. Seulement savoir reconnaître, chérir sa présence puis amplifier tous les sons, tous les hymnes qui s’écrivent dans cet instant. Faire le plein de vide. Vider le trop-plein. Se détacher et observer. Elle défile, juste là, entre nos doigts.

C’est l’heure des présences: sommes-nous là?

À chacun son équilibre. À chacun sa Mudra.

Sébastien Turgeon. 

 


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